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Guangzhou, la ville sous les toits

Guangzhou à hauteur de détail : les toits de l’Académie du clan Chen, les rues à arcades, le thé du matin et la rivière des Perles à la nuit tombée.

Personnages de céramique colorée et panneaux décoratifs au-dessus du toit de tuiles grises de l’Académie du clan Chen à Guangzhou.

Par Off Path Now · Mis à jour

Au-dessus de la brique grise

Une rangée de personnages se rassemble au-dessus d’un toit de tuiles grises. Certains se tiennent près de créatures aux formes sinueuses ; d’autres habitent de petites scènes vivement colorées. Bordures bleues, ailes vertes et ornements rouges interrompent les lignes régulières des tuiles. Dans la photographie de Bingqian Li consacrée à l’Académie du clan Chen, à Guangzhou, le toit devient une scène. La sobriété des briques fait ressortir chaque détail.

Guangzhou (广州), capitale du Guangdong dans le sud de la Chine, mérite ce changement de regard. Une silhouette urbaine permet de situer la ville ; une rive de toit, un trottoir ombragé ou une table préparée pour le thé la rapprochent. Pour un voyage attentif à la culture chinoise et à la vie quotidienne, ces petites échelles ont toute leur place aux côtés de la rivière et des tours. Source.

Une maison pour une communauté

L’Académie du clan Chen, également appelée temple ancestral du clan Chen ou Chenjiaci (陈家祠), se trouve dans le district de Liwan. Financée collectivement par des familles Chen du Guangdong, elle accueillait les membres du clan venus dans la capitale provinciale pour les examens et d’autres affaires. Achevé en 1894, l’ensemble abrite aujourd’hui le musée des Arts populaires du Guangdong. Source.

Ce contexte modifie la visite. Le bâtiment représentait un investissement dans une identité commune et dans les possibilités d’avenir. Son décor prend sens dans cette histoire sociale, au-delà d’une collection anonyme d’objets anciens. Un nom de famille relie les lieux à des personnes venues d’autres parties de la province avec leurs ambitions.

Les décors de céramique et de stuc des toits comprennent des personnages d’opéra et des créatures mythiques, comme l’explique le bureau des affaires étrangères du Guangdong. La photographie propose un point de départ : suivre une bordure lumineuse, isoler un groupe de personnages, puis revenir à l’ensemble. Identifier chaque figure peut demander une explication ; l’équilibre entre les couleurs et les tuiles grises se perçoit immédiatement. Source.

La rue aussi a son toit

Dans une photographie plus paisible d’une cour de Guangzhou, le toit devient une fine ligne de tuiles au-dessus d’un mur blanc. Une large ouverture encadre un arbre et un autre pan de mur, tandis qu’une lanterne reste à l’ombre. L’intérêt se trouve dans les intervalles : l’espace entre les murs, le passage de la lumière à l’ombre, la pause avant de franchir le seuil. C’est une autre manière de lire une ville à travers les espaces qu’elle offre à ceux qui l’habitent.

Murs blancs, toits de tuiles et lanterne suspendue dans une cour de Guangzhou, avec un arbre encadré par une large ouverture.
Murs et toits de tuiles dans une cour de Guangzhou ; le lieu précis n’est pas identifié. Photograph: Bingqian Li / Pexels.

Cette attention portée aux toits se poursuit dans la rue. Les qilou (骑楼) de Guangzhou sont des maisons à arcades dont les étages avancent au-dessus du trottoir pour créer des passages couverts. Reliées les unes aux autres, ces galeries protègent les piétons du soleil et de la pluie. Le bâtiment participe ainsi à la promenade ordinaire : il aménage aussi l’espace de la rue sous ses étages. Source.

La rue Enning (恩宁路), dans Liwan, offre un point de départ possible. L’office du tourisme de Guangzhou présente la rue à travers ses arcades et l’architecture de Xiguan, notamment ses fenêtres traditionnelles dites mandchoues. Observer le raccord entre deux façades, l’endroit où le passage couvert s’ouvre au jour et la manière dont la rue se transforme lorsqu’on la regarde depuis ces galeries donne une autre lecture du quartier. Source.

Cette approche permet d’explorer la ville ancienne sans faire de l’âge son seul intérêt. Une façade restaurée, un commerce actuel et une forme architecturale héritée peuvent appartenir au même paysage. Garder du temps au-delà de l’angle le plus photographié aide à saisir ces relations, tout en laissant libres les entrées des logements et les espaces de travail des boutiques.

Tour de Canton à Guangzhou, vue à travers une ouverture architecturale circulaire sur fond de ciel bleu.
La tour de Canton à Guangzhou, cadrée par une ouverture circulaire. Photographie: Rong Huang / Pexels.

Une place à la table du thé

Le thé du matin montre d’une autre manière comment un lieu devient un espace de rencontre. Appelé zaocha (早茶), ce repas réunit thé et dim sum, avec du temps pour la conversation. Un récent article du district de Baiyun, à Guangzhou, décrit cette habitude quotidienne comme une forme d’échange social. Le plaisir tient autant au fait de rester à table qu’à celui de commander un plat supplémentaire. Source.

Des raviolis aux crevettes ou des siu mai peuvent figurer parmi les choix, mais mieux vaut laisser la carte du jour guider le repas. Demander des précisions sur les ingrédients si nécessaire et ménager une pause entre les assiettes. Inutile de composer un étalage parfait pour la photographie : une commande plus modeste, une théière et le temps d’observer la salle donnent à ce moment sa propre forme.

Pont de Liede illuminé au-dessus de la rivière des Perles à Guangzhou, avec des reflets ambrés sur l’eau sombre.
Pont de Liede sur la rivière des Perles à Guangzhou. Photographie: ZHANQUN CAI / Pexels.

Revenir à la rivière

La dernière photographie change d’échelle. Au pont de Liede (猎德大桥), les lumières dessinent une ligne au-dessus de la rivière des Perles ; leurs reflets ambrés se fragmentent dans l’eau sombre. La tour claire du pont retient le regard au-dessus du tablier. Après le décor dense de l’Académie du clan Chen, l’espace entourant cet ouvrage paraît particulièrement ouvert.

La photographie de jour de Rong Huang, qui cadre la tour de Canton (广州塔) à travers une ouverture circulaire, invite elle aussi à regarder autrement. Un monument familier devient une relation entre un contour proche et une forme lointaine. Guangzhou peut se découvrir à travers ces changements de cadre : un toit depuis une cour, une rue sous une arcade, la rivière depuis sa berge.

Ces lieux forment des chapitres distincts ; ils ne constituent pas nécessairement une promenade continue. Prévoir les déplacements entre Liwan et les berges modernes, et vérifier les informations des établissements avant de partir. Si Guangzhou entre dans un voyage plus large en Chine, lui laisser du temps libre pour ces deux échelles : la ville de l’autre côté de l’eau et le détail qui attend juste au-dessus de la tête.

Quelques repères

Qu’est-ce que l’Académie du clan Chen à Guangzhou ?

L’Académie du clan Chen, ou Chenjiaci, est un ensemble historique du district de Liwan, achevé en 1894. Elle abrite le musée des Arts populaires du Guangdong et se distingue par son décor architectural.

Que signifie qilou ?

Les qilou sont des maisons à arcades dont les étages s’avancent au-dessus d’un trottoir couvert. À Guangzhou, ces passages reliés protègent les piétons du soleil et de la pluie.

À lire dans le Journal.

Photographie de couverture: Bingqian Li / Pexels.

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