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Black Myth: Wukong — le Shanxi au-delà de l’écran

Découvrir les lieux réels derrière Black Myth: Wukong : le monastère suspendu du Shanxi, les grottes de Yungang et la pagode en bois de Yingxian.

Salles de bois rouges et toits de tuiles du monastère Xuankong contre une vaste falaise à Hunyuan, au Shanxi.

Par Off Path Now · Mis à jour

Un monastère dans la falaise

La falaise occupe presque toute la photographie. Sur sa surface grise court une mince ligne de bâtiments rouges, aux toits de tuiles abrités sous un surplomb. Des passerelles relient les petites salles ; la roche se poursuit au-dessus et au-dessous. Au premier regard, le monastère suspendu semble appartenir à un monde imaginaire. Les minuscules visiteurs sur ses galeries le ramènent à l’échelle humaine.

Cet instant de reconnaissance donne envie de partir au Shanxi (山西), dans le nord de la Chine. Black Myth: Wukong a fait découvrir ses temples et ses sculptures à un nouveau public. Le plaisir d’une visite dépasse pourtant l’identification d’une image familière. Un véritable bâtiment possède une échelle, un environnement et une histoire qui demandent du temps.

Les lieux réels derrière Black Myth: Wukong

Sorti en 2024 et inspiré de La Pérégrination vers l’Ouest, Black Myth: Wukong puise dans la mythologie chinoise et le patrimoine architectural réel. Le bureau de la culture et du tourisme de Datong cite le monastère suspendu et les grottes de Yungang parmi les lieux locaux utilisés pour le jeu. Voilà un point de départ clair pour découvrir la région, même sans connaître le récit ni avoir joué. Source1 · Source2.

Vue en hauteur sur des cours de temple et des entrées de grottes sculptées aux grottes de Yungang, à Datong.
Cours et falaises sculptées des grottes de Yungang, à Datong. Photographie : Yan Sun / Pexels.

Une distinction mérite de rester présente : une œuvre peut reprendre une sculpture, un bâtiment ou un détail et le placer dans un cadre imaginaire. Visiter sa source, c’est rencontrer le lieu selon sa propre histoire. Regarder les matériaux, le paysage et le travail de ses créateurs apporte davantage que l’attente d’un niveau de jeu transformé en carte de promenade.

Au monastère suspendu, regarder les raccords

Le monastère suspendu, ou Xuankong Si (悬空寺), se trouve dans le district de Hunyuan, dans la région de Datong. Ses origines remontent à la fin du Ve siècle. Le site réunit aussi des traditions bouddhiques, taoïstes et confucéennes. Sa position dans la falaise attire immédiatement l’attention ; son histoire culturelle donne à la visite une autre dimension. Source.

Depuis un point de vue en contrebas, suivre la limite entre la construction et le rocher. Les rives des toits dessinent une ligne fine et régulière contre une surface pleine de fissures et de ressauts. La photographie rend ce rapport particulièrement lisible : une vaste paroi, puis les petites décisions qui permettent aux êtres humains d’y prendre place. Les questions de soutien, d’abri et d’accès deviennent aussi intéressantes que la silhouette générale.

Si la hauteur ou les passages étroits mettent mal à l’aise, la vue extérieure peut constituer à elle seule une belle approche. Vérifier les conditions de visite actuelles avant de choisir son parcours. La rencontre avec le monastère n’a pas besoin de reproduire l’angle de prise de vue de quelqu’un d’autre.

Deux figures bouddhiques aux auréoles sculptées, aux vêtements plissés et aux traces de couleur aux grottes de Yungang, à Datong.
Figures et auréoles sculptées aux grottes de Yungang, à Datong. Photographie: Eric Prouzet / Pexels.

Yungang : un monde à l’intérieur de la pierre

Aux grottes de Yungang (云冈石窟), la relation entre construction et montagne change. Une grande partie de l’art prend forme dans la roche elle-même. Ce site du patrimoine mondial de l’UNESCO, près de Datong, conserve un art rupestre bouddhique des Ve et VIe siècles. Ses sculptures associent des influences venues d’Asie du Sud et d’Asie centrale aux traditions artistiques chinoises. Source.

Vue large de la falaise des grottes de Yungang au-dessus d’une rivière et d’arbres près de Datong, au Shanxi.
La falaise des grottes de Yungang le long de la rivière près de Datong. Photographie : Yan Sun / Pexels.

Commencer par un visage, puis laisser apparaître la surface qui l’entoure. Sur la photographie d’Eric Prouzet, deux figures se tiennent sous des auréoles densément travaillées ; leurs vêtements retombent en plis répétés. Des traces de couleur subsistent entre les formes. L’image plus sombre de Wang Qihang attire le regard vers une succession de petites figures et la profondeur de leurs niches. Ces photographies captivent sans qu’un personnage de jeu vienne s’y superposer.

Pour qui s’intéresse à l’art, le plaisir réside dans ces changements d’échelle : une grande présence dans une grotte, une petite figure voisine, un motif qui relie les surfaces. L’histoire des échanges ajoute un autre niveau de lecture. Yungang appartient au récit d’idées circulant entre les régions et trouvant une nouvelle forme dans la pierre. Source.

Petites figures sculptées dans une succession de niches de pierre aux grottes de Yungang, à Datong, au Shanxi.
Figures et niches sculptées aux grottes de Yungang, à Datong. Photographie: Wang Qihang / Pexels.

Un autre rythme, en bois

La pagode en bois de Yingxian (应县木塔), dans le district de Ying, propose un autre chapitre aux voyageurs sensibles à l’architecture. Également appelée pagode Sakyamuni du temple Fogong, elle a été construite en 1056, sous la dynastie Liao. Son plan octogonal et sa structure de bois invitent à une attention différente après les espaces creusés dans la roche à Yungang. Source.

Le regard peut remonter des rives de toit aux groupes de consoles situés au-dessous, appelés dougong (斗拱). La répétition des éléments forme une structure qui se lit par couches. Cette étape prolonge naturellement une curiosité passée de l’image spectaculaire à la question de sa fabrication. Prévoir la visite selon les accès effectivement autorisés, sans supposer qu’une tour ancienne peut être gravie. Source.

Donner au voyage une échelle humaine

Un premier voyage pourrait consacrer une journée tranquille à Yungang, puis une autre au monastère suspendu et, si les déplacements et les accès le permettent, à Yingxian. C’est une proposition éditoriale, pas un forfait ni la promesse que toutes les étapes peuvent s’enchaîner. L’arrivée et le départ demandent du temps supplémentaire. Vérifier les réservations et les règles photographiques actuelles, tout en gardant une place pour un repas et une pause entre les sites.

Pour préparer le voyage, retenir que le Shanxi est une autre province que le Shaanxi (陕西), où se trouvent Xi’an et l’armée de terre cuite. Leurs noms se ressemblent en alphabet latin, mais mènent à des voyages différents. Au sein même du Shanxi, mieux vaut choisir un ensemble cohérent de lieux que vouloir collectionner toutes les adresses associées au jeu.

Le jeu peut apporter la première étincelle. Ce qui reste ensuite est parfois plus discret : l’intervalle entre deux lignes de toit, un vêtement sculpté dans la pierre, la patience nécessaire pour bien regarder. Le Shanxi ouvre ce voyage aux joueurs comme aux autres visiteurs. L’écran entrouvre une porte ; le lieu mérite le temps qu’on lui consacre ensuite.

Avant le départ

Quels lieux près de Datong sont liés à Black Myth: Wukong ?

Le bureau de la culture et du tourisme de Datong cite le monastère suspendu et les grottes de Yungang parmi les sources locales du jeu. Cet article s’intéresse à leur architecture et à leur art réels, sans attribuer de niveaux ou d’adversaires précis.

Combien de temps prévoir dans cette partie du Shanxi ?

Deux journées complètes de visite constituent un point de départ possible : l’une pour Yungang, l’autre pour le monastère suspendu. Yingxian peut s’ajouter si les déplacements et les accès actuels le permettent. Prévoir en plus le temps d’arrivée et de départ.

À lire dans le Journal.

Photographie de couverture: Max W / Pexels.

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